UN MOMENT SUSPENDU
Ils sont quatre jeunes gens, entre la vingtaine et la trentaine, dans un moment un peu difficile de leur existence. Tout le monde sait que ce n’est pas le plus bel âge de la vie, ni le plus facile, notamment en France aujourd’hui. Qu’on ait fait ou pas des études, le marché du travail reste difficile à intégrer, l’accès au logement pas simple, le pouvoir d’achat faible, la vie amoureuse complexe, sans parler des soubresauts politiques à l’échelle nationale et de l’état du monde en général. Ils et elles ne se sentent donc pas vraiment à la hauteur de leur jeunesse. Des membres de leur entourage ne se privent pas de leur donner de bons conseils pour les sortir du marasme, dont la pratique d’un sport. Aucune, aucun n’en n’a vraiment le souhait et ils et elles renâclent puis cèdent sous la pression familiale ou amicale. Le pire étant, que dans la ville du ballon rond par excellence, Marseille, où ils et elles viennent de s’installer, on leur propose de suivre des cours de korfbal.
Le korfbal, sport paritaire et mixte, a été inventé par un instituteur néerlandais en 1902. Une entraîneuse amateur veut implanter le sport à Marseille, en offrant des cours gratuits.
Issus.e.s d’univers différents, ils et elles vont s’apprivoiser, s’apprécier, parvenir à former une équipe, ce qui n’était pas gagné, et à aimer ce sport, ce qui était une gageure.Les moments suspendus de la troisième mi-temps prennent de plus en plus d’importance. Naît entre elles et eux une solidarité, puis un sens du collectif, qui se propagent au-delà du terrain.
Un jour, l’entraîneuse ne revient plus, sans donner de nouvelles. Elle reste introuvable sur les réseaux, n’habite pas à l’adresse indiquée, son téléphone n’est plus attribué… Elle s’est volatilisée.
Le trio mène l’enquête et finit par apprendre la complexité de la vie de la jeune femme, mère célibataire. En son honneur, il se mobilise, prenant conscience des difficultés répétées que rencontrent, dans tous les domaines, les familles mono parentales dont les cheffes de famille sont majoritairement des femmes. Un évènement autour du korfbal est organisé pour les mères solo. Comment imaginer retrouver un élan et une communauté grâce à un sport au nom imprononçable ?
Ce texte est né d’une commande de la Criée, Théâtre National de Marseille pour la jeune troupe de la saison 26/27, issue de l’ERACM.
La rencontre de travailleuses et travailleurs sociaux en formation avec les CEMEA et les Relations Publiques de la Criée a été un point de départ à cette fiction. Elle a mis en lumière l’envie commune de raconter une histoire qui porte en elle une certaine vitalité, de l’humour, la nécessité de la solidarité et le goût du collectif. Donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas toujours. Ne pas oublier Marseille. Ainsi est né ce quatuor, qui va se fédérer autour d’un sport méconnu et y trouver une confiance individuelle et collective.
Création au Théâtre Antoine Vitez – Aix-en-Provence les 16 & 17 octobre 2026
Durée estimée : 1h30
Texte et mise en scène
Pauline Sales
Avec la Jeune Troupe de La Criée* : Suzanne Bénis, Ange Eppele, Raphaël Moret, Diane Simon
Scénographie Damien Caille-Perret
Lumières Laurent Schneegans
Création sonore Fred Bühl
Costumes Nathalie Matriciani
Travail corporel Aurélie Mouilhade
Coiffure et maquillage Cécile Kretschmar
Production La Criée – Théâtre national de Marseille et La Cie À l’Envi
Photo de répétition © Pauline Varenne
*Depuis septembre 2023 La Criée accueille en apprentissage des élèves comédien·nes de l’ERACM (École Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille) pour articuler transmission et insertion professionnelle.
La compagnie À L’Envi est conventionnée par la DRAC Île-de-France et par le Conseil départemental du Val-de-Marne
