LES DEUX DÉESSES

Création les 5 et 6 novembre 2024 à
Les Quinconces L’espal – Scène nationale du Mans

Texte et mise en scène Pauline Sales

Avec Clémentine Allain, Antoine Courvoisier, Claude Lastère, Élizabeth Mazev, Anthony Poupard

Musique Simon Aeschimann (guitare, voix), Antoine Courvoisier (clavier, voix), Aëla Gourvennec (violoncelle, voix), Mélissa Acchiardi (batterie, percussions, voix)
Son Fred Bühl
Scénographie Damien Caille-Perret
Maquillage-coiffure Cécile Kretschmar
Costumes Nathalie Matriciani
Lumière Laurent Schneegans
Régies générale et lumière Xavier Libois
Régie plateau Christophe Lourdais

En résidence au Théâtre Jean Lurçat – Scène nationale d’Aubusson

Partenaires et coproducteurs
Les Quinconces L’espal — Scène nationale du Mans ; La Halle aux grains — Scène nationale de Blois ; Théâtre de Chevilly Larue ; Théâtre Jacques Carat à Cachan ; L’estive, Scène nationale de Foix ; La C.R.E.A – Coopérative de Résidence pour les Écritures, les Auteurs et les Autrices – Mont Saint-Michel-Normandie ; Scène nationale d’Aubusson ;  TGP – Centre dramatique national de Saint-Denis ; Espace Marcel Carné – Saint-Michel-sur-Orge ; MC2 – Grenoble

La compagnie À L’Envi est conventionnée par la DRAC Île-de-France

Novembre 2024
La Halle aux grains — Scène nationale / Blois
14 et 15 nov

TGP – Centre dramatique national / Saint-Denis

20 nov au 1er déc

Décembre 2024

Théâtre Jacques Carat / Cachan
18 déc
Espace Marcel Carné / Saint-Michel-sur-Orge
14 déc
 
Février 2025
MC2: Maison de la Culture de Grenoble
5 et 6 fév

SPECTACLE THÉÂTRAL ET MUSICAL

RÉSUMÉ

Déméter a quinze ans, elle vit sur l’Olympe en compagnie de ses frères et soeurs. C’est l’été perpétuel, la mer est chaude, l’huile d’olive coule à flots. Poséidon lorgne sur elle et c’est fatigant. Elle espère qu’une bière partagée avec Zeus règlera l’affaire. C’est l’inverse qui se produit. Zeus la viole. Enceinte, elle s’enfuit sur terre trouver une vie tranquille parmi les hommes. Elle y accouche de Koré, la future Perséphone, et s’adapte peu à peu à cette vie de terrienne, étonnée des conditions de vie bien plus difficiles et précaires que dans son ancien lieu de vie. Elle veut aider, participer, partager. Elle découvre son savoir faire divin : elle rend les terres fertiles et les céréales abondantes. Agricultrice, boulangère, elle offre ses légumes et son pain. L’île où elle a atterri devient étrangement prospère. Koré est une adolescente à présent, qui part en voyage scolaire et camper avec ses copines. Déméter ne peut pas la retenir indéfiniment entre ses bras, la protéger des hommes et des Dieux. Ce qui devait arriver arrive. Une nuit étoilée, Koré est kidnappée et abusée par son oncle Hadès qui la conduit dans son bric-à-brac souterrain, l’enfer, où elle rencontre des morts de tous âges. Déméter, éperdue, cherche sa fille neuf jours et neuf nuits avant d’apprendre la vérité. L’histoire se répète. Viol et contrainte. Femmes enfermées dans une destinée qu’elles rejettent. Après un épisode où elle tente, sans grand succès, de refaire sa vie comme assistante maternelle, Déméter tombe dans la douleur, le manque de sa fille et son avenir volé, comme dans un puits. Le blé est atteint de la même maladie. Sa famille de Dieux tente de la ramener à la raison pour échapper à une famine sur terre qui les priverait d’offrandes. Déméter demeure immobile, inébranlable, inconsolable. Le blé tout pareil. Zeus, par l’intermédiaire d’Hermès, est contraint de rendre Perséphone à sa mère. Seulement celle-ci a grignoté sept grains de grenade et qui mangera aux enfers devra y retourner. Perséphone a pris goût aux morts dont elle s’occupera un tiers de l’année avant de rejoindre sa mère et les vivants le reste du temps. Déméter refuse de rejoindre l’Olympe où les Dieux souhaitent qu’elle revienne. Sa vie s’est construite sur terre, parmi les femmes et les hommes. Elle pourrait même faire le choix de devenir devenir mortelle et ce serait alors sa fille qui l’accompagnerait pour son dernier voyage.

Quelle serait aujourd’hui la figure du mal ? Où sont nos morts contemporains ? Quelle déesse se cache derrière nos SDF ? La pénurie de blé que nous connaissons aujourd’hui n’est-elle pas le symbole d’un mal plus profond, ne plus savoir prendre soin de la terre ? Comment s’émanciper d’une mère puissante et aimée ? Comment les traumatismes nous suivent et nous habitent ? Quels sont ces fils invisibles qui nous lient si fortement à notre famille, à notre généalogie, alors que nous avons cru les couper et y échapper ? Quel compromis sommes-nous contraints de trouver dans nos vies pour continuer à vivre ensemble ? Comment s’échapper et s’affranchir d’une oppression masculine ? Autant de questions que pose la réécriture du mythe aujourd’hui.